Le site des riverains des centres de compostage industriel
P'tit puant
Nous n'avons pas la prétention de donner ici des cours ni des conseils de compostage, on trouve sans difficulté une littérature abondante et de qualité sur le sujet.
Nous allons seulement citer les facteurs clés pour réussir le process (Key Success Factors). Leur mise en œuvre est l'affaire des spécialistes, chacun suivant sa méthode et ses moyens.
Nous postulons que l'objectif stratégique est la fabrication d'un compost de qualité, en respectant le voisinage et l'environnement.
Si l'objectif stratégique n'est que le profit, alors l'approche est certainement différente.
Toute matière organique abandonnée à elle-même va se décomposer. Mais le compostage, ce n'est pas ça.
Le compostage, c'est contrôler et accélérer la décomposition, en évitant le pourrissement et ses odeurs délétères. Pour cela, il faut favoriser la prolifération des bonnes bactéries (aérobies), en assurant leurs besoins vitaux. [1]
Il est crucial d'optimiser simultanément la teneur en eau, l'aération et la composition du substrat initial pour maintenir constamment les émissions d'odeurs à un faible niveau.[2]
Il faut s'assurer que les matières qu'on veut composter soient bien fermentescibles.
Si la composition des déchets en provenance d'industries est en général bien connue et relativement constante, ce n'est pas le cas des ordures ménagères, ce qui entraîne des contraintes spécifiques.
Le mélange doit être fait de manière à obtenir une masse homogène dont le rapport C/N soit correct. Pour cela il faut connaitre les teneurs en carbone et azote de chaque matière de base. Pour certaines matières ce n'est pas évident, en particulier si leur décomposition est déjà commencée.
En général, les matières sont assez humides au départ mais l'eau va s'évaporer, surtout si la température s'élève fortement. Il est pratique de profiter d'un retournement pour contrôler le taux d'humidité et remettre de l'eau si nécessaire.
Se contenter d'arroser les andains n'est pas efficace car l'eau ne se répartit pas correctement dans la masse : une partie ruisselle et peut former une croûte étanche à l'air, une partie percole et peut se transformer en lixiviats ou provoquer du tassement, favorisant la fermentation anaérobie et son cortège de misères. Dans les installations modernes de compostage comme celle de Güttersloh, on injecte la quantité d'eau nécessaire sous forme de pulvérisation en cours de retournement, afin de bien répartir l'humidité au sein de l'andain.
Les matières sont disposées en tas allongés : les andains. Ils doivent être faits :
C'est logiquement au centre et à la base du tas que l'oxygène manquera le plus rapidement. C'est pourquoi il est indispensable d'aérer, soit par retournement périodique des andains, soit par ventilation forcée. Dans les deux cas, l'évolution de la température mesurée au centre de l'andain donnera une bonne indication sur l'activité bactérienne et les besoins en ventilation.
Une autre approche est de mesurer directement le taux d'oxygène résiduel dans l'andain, et de régler le débit de ventilation en conséquence. C'est la technique d'Intradel.
Durant la période de fermentation, il faut constamment surveiller les paramètres d'humidité, température et taux d'oxygène, et les corriger si nécessaire. Si on dérape et qu'on sort des limites du procédé : tassement, aération déficiente, excès d'humidité ou de température, alors les ennuis commencent.
Voir aussi : Pourquoi composter ? Et le Co-compostage.
[1] Making and Using Compost - Christopher Starbuck - Department of Horticulture, University of Missouri-Columbia.
[2] Université technique Hambourg-Harbourg - Gestion des déchets -Rapports de recherche 1992-1995 n°1.04.022
Optimisation de la marche des installations de compostage - Direction du projet : Prof.Dr.-Ing. R. Stegmann