Le site des riverains des centres de compostage industriel
P'tit puant
On a observé que la mise en décharge de déchets organiques entraînait de sérieux inconvénients :
La Communauté Européenne a invité les états-membres à remédier à cela de deux manières :
Il fallait trouver des solutions moins polluantes. Une des possibilités est le compostage.
D'un point de vue écologique, le compostage décentralisé comme font depuis longtemps les jardiniers est de loin la meilleure solution. Moyennant le respect de quelques règles simples, il n'y a que des avantages :
Seule exigence : être formé et motivé, et réserver un peu d'espace à cet effet.
Tout le monde n'a pas la place ou le temps ou l'envie de faire du compost. Ensuite, toute une série d'activités à grande échelle produisent des déchets organiques qu'on ne peut pas traiter sur place, parce qu'elles sont trop abondantes ou nécessitent d'être mélangées à d'autres matières pour être compostables :
Recueil, tri, transport et traitement des matières organiques ne sont pas gratuits. Il y a des coûts financiers mais aussi environnementaux : le transport est un des plus gros postes, mais il faut aussi compter la facture énergétique des retournements, de la ventilation, etc.
Si le processus de compostage n'est pas conduit de manière efficiente, on aura gaspillé cette énergie en pure perte car on se retrouvera à la case départ : production de méthane nocif, mise en décharge du compost impropre à l'usage agricole.
Globalement, on n'aura fait qu'augmenter la pollution et on aura incommodé les riverains pour rien.
La question s'impose. Encore faut-il s'entendre sur ce qu'on veut dire par "rentable."
Une exploitation de compostage peut être très rentable, parce que :
Les profits peuvent même devenir plantureux si on décide de privilégier les bénéfices directs et de réduire les frais de traitement : on peut négliger les mesures anti-odeurs, espacer au maximum les retournements, accepter de grandes quantités de matières particulièrement "difficiles" et puantes. Ce qui favorisera le dégagement de méthane et autres gaz polluants, précisément ce qu'il fallait éviter, mais qui vérifie ça ?
La "rentabilité" financière de l'exploitation est d'autant plus grande qu'on laisse les nuisances à charge des "autres" : la collectivité, l'environnement, les riverains.
Le bilan environnemental peut-il être positif ?
Si on se contente de comparer la mise en décharge et le compostage, la facture transport est équivalente. Reste le coût du traitement lui-même, justifié s'il est compensé par la qualité du produit final et surtout l'évitement des gaz polluants, qui reste l'objectif principal.
Or, nous venons de voir que l'intérêt financier et l'objectif environnemental sont antagonistes et inégalement pris en compte.
Entre des bénéfices sonnants et trébuchants et un vague objectif environnemental qui augmente les frais et n'est même pas vérifié, que choisiriez-vous ?
Si on compare la "filière compost" avec d'autres procédés, peut-on soutenir que ce soit un "maître achat" ?
Il apparaît que le compostage n'était en fait qu'une solution parmi d'autres. Elle ne doit probablement son relatif succès qu'à la facilité de mise en oeuvre favorisée par le peu de contraintes réglementaires et l'argent facilement gagné avec peu d'investissement. Ajoutons à celà un phénomène de mode, une bonne presse et l'aveuglement - voire le déni - de certains devant les mauvais côtés de la médaille.
Il y avait et il y a toujours certainement mieux à faire.
Voir aussi : Comment bien composter, Co-compostage.
[3] Pierre Lutgen : Compostage ou valorisation thermique? Consultable online.