Le site des riverains des centres de compostage industriel
P'tit puant
(Que le Grand Jacques nous pardonne ce détournement.)
"Nous avions marqué notre accord sur l'exploitation de cette société dans nos zones de prévention à condition que les mesures nécessaires pour éviter la pollution du sol et des eaux souterraines soient prévues et parce que des infrastructures existaient déjà qui, moyennant certains aménagements, favoriseraient la mise en œuvre de telles mesures.
Malheureusement, force est de constater que nous sommes loin du compte, du moins en ce qui concerne les installations. Il nous semble, en effet, que toutes les surfaces de compostage utilisées n'ont pas été rendues suffisamment étanches et que les systèmes de collecte des jus ne sont pas efficaces. On remarque également une très grande affluence de matières organiques qui sont entreposées partout sur le site, jusqu'en dehors des surfaces revêtues.
Cette situation conduit immanquablement à l'infiltration de jus dans le sol, au droit du site. La mauvaise conception des systèmes de collecte contribue au rejet d'eaux usées fortement contaminées vers un bassin d'orage et un réseau de fossés infiltrants successifs.
Le bassin d'orage à Jeneffe est fortement contaminé (des poissons morts flottent à sa surface) et des traces de pollution sont visibles dans des fossés et des mares jusqu'à Momalle(plusieurs kilomètres en aval)...
Le système de rejet existant ne peut en aucun cas être considéré comme un égout.
Nous estimons plutôt que l'exutoire est une voie artificielle d'écoulement d'eau pluviale, constituée d'une succession de fossés et de mares infiltrants où les eaux se perdent définitivement dans le sol au droit de notre galerie captante à Momelette."
"Le drainage des champs ne nous semble pas devoir être considéré comme une source de pollution significative en regard de la charge apportée par AGRICOMPOST puisque aucune contamination n'avait été remarquée dans le bassin d'orage avant la mise en service de la plate-forme de compostage."
On ne peut que s'étonner que, suite à ces rapports accablants, le permis d'Agricompost n'ait pas été purement et simplement retiré ou suspendu, puisqu'on y relevait déjà plusieurs infractions graves et manifestes au permis d'exploiter initial, et une menace grave pour l'environnement, notamment la nappe phréatique. Essayez un peu de faire ça à Modave !
Quoi qu'il en soit, ce document établit de manière indiscutable :
Agricompost s'est délibérément mis hors-la-loi, faisant fi du courrier de la CILE du 09 avril 1999, et celui de la DPA du 02 décembre 99. En effet, les rejets illicites ont continué jusqu'à ce que la Commune de Donceel traîne Agricompost devant le tribunal des référés en février 2005, et il y a toujours d'énormes quantités de matières à l'extérieur, qui contaminent les eaux et le sol.
C'est évidemment le mot qui vient à l'esprit. Il est totalement anormal qu'en toute impunité une entreprise privée perdure ouvertement dans l'infraction et se fiche éperdument des injonctions des autorités publiques.
Il est vrai que le pollueur a une bonne "couverture" : celle de remplir une "mission d'intérêt public", en "valorisant" (surtout pour son compte) des déchets dont la Région Wallonne ne sait encore trop quoi faire, puisque conformément à une directive européenne elle ne pourra bientôt plus les enfouir en décharge.
Pour votre édification, vous pouvez consulter les deux documents de la CILE cités dans cette page.
CILE du 09 avril 1999 (65.090 octets)
CILE du 12 juillet 2001 (89.819 octets)