Le site des riverains des centres de compostage industriel
P'tit puant
Nous avons vu comment sont effectuées les mesures, voyons les résultats :
Voici comment sont représentées sur carte les zones de percentile 95 (courbe jaune) ,98 (rouge) et 99 (bleue) à 1uo/m³ d'Agricompost en mars 2004.
Ci-dessous la zone percentile 98 d'Agricompost en juillet 2004. Seule la courbe C98 est représentée. La différence est ... flagrante !

Pourquoi cette énorme différence entre mars et juillet ? La chaleur n'explique pas tout.
Le rapport de l'ULg fournit des précisions intéressantes :
La grande variabilité observée entre des mesures fort proches dans le temps (16 et 18 mars ; 15, 19 et 29 juillet) s'explique par des variations dans le fonctionnement de l'entreprise. En effet le 16 mars (arrosage le jour précédent) et le 29 juillet (arrosage en cours durant la mesure), un arrosage par aspersion des andains par les lixiviats avait été réalisé avant la mesure, en plus des habituels broyages et retournements d'andains. Il est indéniable sur base de la mesure du 29 juillet que cette technique, en particulier en période estivale est source de nuisance olfactive importante, entraînant une émission d'odeur de 2 à 5 fois plus élevée, toutes conditions étant égales ! D'autres facteurs influençant les facteurs d'émission du site sont observés, ainsi à activité constante, l'ouverture des trappes de ventilation du hall de maturation entraîne une plus grande dispersion de l'odeur.
Toutes ces observations sont à même de donner des pistes sur des moyens simples de diminuer les odeurs émises par le site :
Diminution des stocks extérieurs non matures soumis aux précipitations.
Fermeture des trappes de ventilation du hall, en particulier lorsque le vent souffle en direction de zones habitées.
Limitation de l'aspersion des andains avec du lixiviat, en particulier en plein air.
La distance de perception par rapport au centre de la zone d'émission est de 1.802 mètres en moyenne, cependant bien que toujours supérieure au kilomètre, celle-ci est très variable allant de 1.051 mètres à 2.300 mètres.
Rappelons qu'il y a eu deux périodes de mesure hiver/été, avec des résultats très différents.
Par contre si on se base exclusivement sur les mesures réalisées durant la période estivale, la zone du percentile 98 calculée englobe de nombreux noyaux d'habitat dont les villages de Jeneffe et de Horion déjà cités, mais aussi les villages de Hozemont, Fexhe, Roloux, Dommartin et de Donceel.
Ceci est particulièrement visible sur les figures 6 et 7, basées sur les plans de secteurs de Huy et de Liège. L'utilisation des plans de secteurs s'explique par la prise en compte tant de l'habitat actuel que futur.
Constatons toutefois que le nombre de mesures hivernales (2) est trop faible pour permettre de calculer maintenant le percentile 98 sur base de la moyenne annuelle climatique et d'une moyenne d'émission combinant les deux campagnes.
Les figures permettent cependant de se rendre compte que cette valeur du percentile 98 annuel doit se situer entre les deux valeurs figurées à savoir la valeur maximale de la période estivale et celle basée sur les deux mesures hivernales.
Pour atteindre la base des émissions hivernales 150.000 u.o./s, l'abattement nécessaire par rapport à la moyenne estivale de 595.000 u.o./s émise actuellement, est d'environ 75%, ceci permettrait déjà de limiter l'impact olfactif du site, en particulier à Jeneffe et Horion.
Ceci pourrait être atteint en combinant modification du mode de fonctionnement du centre (choix des périodes de retournement des andains en fonction de la direction du vent, absence d'arrosage par lixiviats et utilisation de produits masquants en cas de vent se dirigeant vers les habitations), diminution drastique des stocks de produits conservés sur site et surtout renforcement des mesures de confinement des activités les plus émissives.
L'abattement requis par rapport à cette moyenne estivale de 595.000 u.o./s pour respecter à l'année le percentile 98 en toute zone habitée, est de plus de 90%. En effet sur base des données de terrain, une émission limitée à < 60.000 u.o/s semble seule susceptible de respecter sur l'année les zones d'habitat les plus proches.
Bien :
Réalisés par un organisme d'expertise reconnu et indépendant des parties, ils sont opposables aux autorités et aux exploitants des centres.
Moins bien :
Stop ou encore ?